Birmanie

Dimanche 13 mars 2016


Départ Roissy Charles de Gaulle
Terminal 1 
Destination Mandalay-Myanmar via Bangkok -Thaïlande.
En route...



Distance à vol d'avion 8462 km.
13 heures de vol 
4 heures d'attente en transit
4 heures 30 de décalage horaire que nous déposons à la consigne du temps perdu.

Bangkok : la pause au milieu de la détente. 


Lundi 14 mars : arrivée à Mandalay

Un seul avion sur la piste, le nôtre.
Exit.
Vas-y, visas rapides en deux coups de tampon.
Change. Les temps oui mais pas l'argent.
Petites explications à l'une des guitounes de l'aéroport sur l'état de nos euros en billets (déchirures, marques et autres défauts d'usure) et refus de nous les échanger contre la monnaie locale : le kyat. Cette gentille polémique accompagnée du sourire des employées, loin de nous effrayer, nous permet déjà d'apprécier le charme tranquille des négociations birmanes.


Allez, on saute dans la marmite. 
Taxi collectif, pas assez d'A.C. 45° à l'oblique d'un midi métallique. 
30 km à feu doux et downtown Mandalay 
Hotel Home, sweet clim, un lit large comme une piste d'aéroport et on s'envole vers une sieste nécessaire.
Vient le temps du réveil et quelque part around 19 heures dans la nuit chaude de la 82 ème rue, on dîne hors de prix sur menu chic et glacé. On s'est trompé ("Bistro 82" : à éviter). 

Mardi 15 mars : visite de Mandalay à bicyclette. 




Le lendemain sur des vélos prêtés par l'hôtel nous partons à la visite de la ville. Chaud dans la circulation, chaud dehors, chaud dedans, chaud dans les temples. La journée entière pour habituer nos corps à ce changement, pour régler le thermostat sur "Vacances". 
Après un palais royal "reconstitué" mais vidé de toute substance mobilière ou humaine, au milieu d'un parc immense traversé par des touristes chinoises au bob improbable et ponctué de vestiges de la dernière guerre mondiale ; après les pagodes de Kuthodaw et de Sandamuni,  on meurt de faim. On tente la gastronomie locale servie par une gargote de trottoir. Fameux et pas cher, mon cher.



L'après-midi en deux coups de pédale une pagode (Kyauktawgyi) et un monastère (Shwe in Bin) et ça suffit comme ça : sieste à l'hôtel.

En soirée, coucher de soleil sur Mandalay Hill. Nous sommes accompagnés par une drôle de birmane avec qui nous avons sympathisé le matin même dans le parc du palais royal. Quelque chose entre l'apprenti guide officieuse et l'arnaqueuse amatrice. Pas de peur et même pas mal. Coût de l'escroquerie : 2 échantillons de parfum . De Paris, ma chère, de Paris.  




Mercredi 16 mars : visite des environs de Mandalay en taxi

On s'offre un taxi pour toute la journée.
Une grappe de jasmin accrochée au rétroviseur embaume l'habitacle : que du bon que du beau que du bonheur.
Première étape : la Pagode de Mahamuni au sud de Mandalay : quelques dizaines de couples birmans s'y marient ce jour-là dans une ambiance décontractée et familiale. L'environnement religieux n'a rien d'austère. Il y a des lunes que le kitsch et le sacré font la noce. Depuis que le bouddha se balade dans le coin avec son petit véhicule. A l'oeil, c'est sucré, drôle, apaisant. La légèreté de la guimauve entre deux coques de roudoudou.








On reprend la voiture, quelques kilomètres plus loin, en longeant l'Irrawaddy...



























...nous assistons au défilé puis au déjeuner des moines. On ne plaisante pas avec le presque unique repas de la journée...Silence et regards concentrés...








Puis nous prenons la direction de 3 petites villes au sud de Mandalay réparties sur une boucle de 50 km: Amarapura, Sagaing et Inwa. Toutes les trois sont réputées pour leurs multiples pagodes, stupas et monastères.Elles furent successivement capitales de la région sur plusieurs siècles.
On commence par les collines d'Amarapura, noyées dans une  chaleur épaisse...


On redescend des collines pour la pagode U Ponya à Sagaing : un must du kitsch. Nos photos se sont enfuies effrayées par la saturation des couleurs primaires.

On en redemande : Inwa et son monastère de Bagaya tout de bois noirci et patiné au brai de pétrole. C'est le frais au pied nu. Un pied de nez aux chaussures.






Inwa est située sur une île artificielle. Il faut franchir le Dokéhtawaddy (comme on dit là-bas !) en bac et de l'autre côté on se fait cueillir par un aréopage de jeunes birmans qui nous proposent de visiter l’île en carriole. On en choisit un après d'âpres négociations pour rire et banco.
C'est avec notre muletier que nous apprenons quelques mots de birman, le paysage rural défile au rythme du pas du cheval. Ici une vache, là du riz, un cheval, un oiseau, mon père... On se quitte avec déjà quelques mots de conversation que l'on placera plus tard pour briller comme des bouddhas dorés en société.

Une tour de palais

Un palais

Pour finir, retour à Amarapura où, sur le pont d'U Bein un sunset y est donné, (1,2 km, tout en teck, il enjambe le lac Taungthaman). C'est le rendez-vous quotidien des touristes, des Birmans,des jeunes, des vieux, des amoureux et du soleil. Rien d'étonnant que l'on ait rencontré là, par hasard, deux amies françaises à qui l'on a donné rencard le soir même dans une gargotte indienne en bord de la 37ème rue dans le downtown de Mandalay. On y a dégusté un curry et des nans. Le monde est pas si grand, allez...
Il y a pire comme journée, non ?



Une des copines avant les retrouvailles.



Jeudi 17 mars : Départ pour Pyin u Lwin ou Maymyo (c'est la même ville).

Mais Maymyo c'est plus facile pour héler un pick up collectif au carrefour de la 27 ème et de la 82 ème. Maymyo ! Maymyo ! Il n'y a pas d'emplacement précis, les compagnies de transport sont multiples et les destinations aussi. 10 heures du mat avec nos sacs à dos, on lève les bras, on scrute la circulation assez dense. Maymyo ! Maymyo ! Maymyo ? Yes, Yes, Maymyo, Maymyo, follow me please... Un sourire rouge, édenté au bétel nous rapatrie vers un véhicule garé devant une boutique de coiffeur.
Ba lau lé ? 1500 kyats (1,2 €) ? Ok. C'est le prix du pas grand confort. Que des birmans dans le pick up et c'est parti pour bouffer de la poussière pendant 3 heures sur la mythique "Burma Road", direction la Haute Birmanie. Nos voisins sont atones. On se croise du regard, mais les sourires sont rares.
Tout va bien jusqu'aux premières côtes à une quinzaine de kilomètres du départ. Il fait très chaud et le moteur réclame fréquemment des douches d'eau froide. Des arrêts fréquents sont prévus en bord de route pour passer le jet sur, sous et autour du moteur. Drôlement organisés les gars pour atteindre les 1200 mètres d'altitude de Maymyo à 70 km de Mandalay.
Le trajet est obligatoirement "agrémenté" d'une pause repas et de quelques arrêts pipi (Virginie préfère se retenir).
On arrive enfin sur un plateau habité par une forêt d'eucalyptus clairsemée. Un peu d'urbanisation de temps à autre. L'air est plus clair, respirable.
Le pick up nous dépote à l'entré de Maymyo. Il est autour de 14 heures.



Vue du potager de l'hôtel vert royal.
Un taxi s'approche. You need taxi ? Yes, le Royal Green Hôtel, ba lau lé ? 2000 kyats. Tu rêves Herbert !
On charge nos sacs sur nos épaules, le portable-guide dans la main et à 500 mètres du point de chute, le Royal Green Hôtel !
1500 kyats x 2 = 3000 kyats = 70 km
2000 kyats x 1 = 2000 kyats = 500 mètres.
Cherchez l'erreur.

Super hôtel, super chambre, mais on a du boulot. D'abord Pyin U Lwin centre-ville. On remet au lendemain la balade en calèche autour des belles demeures des ex-colons anglais. 
Le centre-ville de Maymyo est, comment dire, difficile à circonscrire. Il se résume en fait à une artère assez passante, peu agréable, très fréquentée par les camions. Bon. Autant aller boire une bonne bière au "Golden Triangle Café". Tu sais, cette super adresse du Routard, un brin coloniale, avec des chaises en rotin sur une terrasse qui surplombe la rue et qui diffuse une musique des années 50...
Alors on a cherché. On a monté, descendu la rue principale (elle est très longue). Une fois, deux fois, quatre fois. Il y avait bien un bâtiment qui aurait pu être ce "Golden Triangle Café" mais aucune enseigne et il semble abandonné depuis un paquet de temps. On se renseigne, on nous regarde dans les yeux en fronçant les sourcils, on nous guide avec des bras tendus. Rien n'y fait. 
Désespérés, traumatisés par le souvenir des Tiger beer bien fraîches de la veille, on retourne vers la bâtisse abandonnée et là, un type nous accoste et nous dit dans un anglais parfait que c'était bien là, le GTC, mais que le propriétaire est reparti en Chine depuis déjà quelques lunes. 
Merci le Routard ! Faudrait voir à mettre à jour vos articles. 
On a trouvé un autre chinois, dans une petite rue, qui nous a servi une bière hors de prix et dont les toilettes étaient, comment dire... Demandez donc à Virginie. 
Heureusement...
Le soir, un dîner marqué du sceau du romantisme anglais, très XIX ème nous a été servi avec une élégance extrême au Club Terrasse Café. Situé dans un artère fraîche et ombragée, proche de notre hôtel et assez éloigné de ce maudit centre-ville, voilà, Monsieur le Routard, une "super" adresse qui ne mérite surtout pas cet adjectif générique. A l'heure où les chiens ressemblent à des loups, en terrasse, nous avons mis une petite laine sur nos épaules, en souvenir de la lointaine Albion. 

Vendredi 18 mars : jour de diligence à ok Maymyo


Ce sont les aboiements des chiens qui ont découpé la tranquillité rurale de notre unique nuit à Maymyo. Mais le sommeil était au rendez-vous. Une dédicace au personnel du Royal Green Hôtel qui nous a offert un service impeccable et des sourires à fondre. 
Au matin, nous partons découvrir les faubourgs de la ville coloniale... en diligence.
Par les fenêtres minuscules de la cabine nous visitons les quelque magnifiques demeures, souvent restaurées des cadres militaires de l'ex-empire britannique. Dans la fraîcheur matinale, il subsiste le respect parfumé des temps anciens.George Orwell est passé par là, dit-on. "Une histoire birmane" y est née peu de temps après. A lire obligatoirement si vous venez ici.





















Et aussi, une pagode chinoise au milieu de ce jardin anglais, tombée de la planète Kitsch .











A 14 heures nous nous plantons au carrefour de la Burma Road pour le pick up back to Mandalay. Que 2 heures de trajet ; normal ça descend. Par contre la température remonte !
Retour à l'home hôtel, au bar de l'home l'hôtel, aux bières du bar de l'home hôtel. 
6 d'un coup pour un seul home...Burp, homme, pardon. 


Samedi 19 mars : départ pour Bagan

Levés à 5 heures du mat, petit-déjeuner rapide à l'hôtel et hop hop hop dans le taxi, direction l'embarcadère.
A peine sortis de la voiture, sacs encore sur le trottoir, qu' une flopée de gars nous accostent, chacun pour des raisons diverses : taxi (alors qu'on en sort !) porteur et autres business. Nous, on ne s'éparpille pas, s'agit de ne pas se tromper de bateau. Et on a l'embarras et le choix. Dont cet énorme navire avec une tête de poisson en poupe et en or qui sort du lot (et de l'eau aussi) et happe notre regard. On oublie : peu de chances que ce soit le nôtre. Un semblant d'équipage nous prend alors en charge. Billets en mains, nous traversons une enfilade de bateaux. Le dernier c'est le bon mais pas le plus beau : c'est le Malika 2 (il y en a 7). On nous place sur 2 sièges en cabine mais on décide de se rapatrier sur le pont où nous attendent les fameux sièges en rotin (encore libres) vendus sur les brochures. Nous en investissons deux, protégés par l'ombre d'une toile. A 7 heures pétantes, le bateau se dégage de ses petits camarades qui restent à quai. C'est parti pour 8 heures sur l'Irrawaddy. Commence alors le défilé des occupants du bateau, essentiellement des touristes, a priori affamés. Tous se dirigent vers un petit comptoir bricolé au milieu du pont où sont présentées à discrétion des tranches de pain de mie un peu rassies et une grosse motte de beurre local qui ne demande qu'à fondre. C'est le supplément de 5000 kyats (4 €) par personne pour ce petit déjeuner royal que nous avons payé à l'hôtel home de Mandalay. Autant dire une arnaque colossale. Glissons...
Une demi heure suffit pour rassasier tout ce petit monde qui se met soudain à dégainer de l'appareil-photos pour mitrailler les berges. 
Que se passe-t'-il ?  Le soleil se jaune, la brume s'orange, le bateau découpe en deux le métal de l'eau. Et les temples sont là, à prendre la pause à l'aube du tribord.  
J'ai préféré faire quelques clichés à bâbord, en contre-jour. Qu'en pensez-vous ?













Dimanche 20 mars : la magie de Bagan


Pour le soir de notre arrivée à New-Bagan, nous avions d'abord réservé une nuit dans un hôtel un peu excentré qui, pour nous remercier de donner un peu de vie à l'établissement désert, nous a offert le dîner (chinois). Là, dans la tiédeur de la nuit, plantés sur deux chaises, la gîte du bateau encore en mémoire et au milieu d'un parc prévu pour recevoir des dizaines de convives, nous nous sommes sustentés tous les deux, les yeux dans les yeux.    



Le dimanche matin, à pied, comme de vrais backpackers, on a marché au moins 2 kilomètres pour...changer d'hôtel. Celui-là, il a LA PISCINE !
Mais on pataugera plus tard. On a du boulot. Location de vélos pour 3 jours et en selle !

Bagan, c'est un site archéologique de plusieurs kilomètres carrés. En bordure du coude de l'Irrawddy, il y a 3 urbanisations : les villages de New Bagan et de Old Bagan et, plus au nord Nyaung Oo. Cette dernière est la plus banale, réservée aux guest houses et aux débarcadères sur le fleuve.
Vous le savez déjà, nous, nous avons choisi New Bagan comme QG pour notre séjour. Ce village assez récent est, pour l'essentiel, tout de bicoques en bambous à l'écart de pistes quadrillées à l'amerloque. Sa population, récente aussi, fut déportée d' Old Bagan en 1990 pour laquelle, le régime aux beaux uniformes avait d'autres projets touristiques beaucoup plus juteux (les réticents prenaient 4 mois de prison, vraiment chouettes ces uniformes, bien seyant et tout...).

Bagan est réellement un musée à ciel ouvert. Entrée libre dans chaque temple. Attention !!! : No shoes, no short pants,  no socks, no spaghetti blouse. A ces seules conditions, Bouddha, assis ou couché vous autorise à venir lui chatouiller les pieds.
Allez on pédale dans le dédale ensablé. Il faut bien se dépenser un peu pour éliminer les Tiger beers. Par 40° à l'ombre des banians, on en perd à chaque tour de pédalier. 
Et puis, il n'y a pas que les pagode et le sable, les banians et le lézard, les temples à Bouddh'or. Il y a les gens aussi. Surtout. On apprécie chaque jour ces petits échanges parfois avec un gamin, plus loin avec une femme, une fillette, un jeune homme. On leur offre un échantillon de parfum pour rien ou pour  négocier le prix de babioles selon les situations. Les rencontres sont multiples, souvent très agréables.

Allez, suivez le guide ! 














En milieu de journée : Pause maquillage au bois de tanaka par Pyu,






Jugez un peu l'effet....



Lundi, mardi, 21, 22 mars : Bagan, Bagan, Bagan...

22 mars, autour de midi. Quatre gamins, sûrement frères, courent dans les galeries du temple Tha-beik-hmauk situé en plein coeur du site archéologique de Bagan. Ils jouent à  la guerre en riant, criant. Le plus jeune n'a pas 4 ans. Il court tout nu, souvent seul, essaie de rattraper ses frangins qui s'amusent à le perdre. Il y a quatre entrées dans chaque temple, chacune gardée par un Bouddha stoïque un peu las des cris des gosses. Le terrain de jeu est exceptionnel et dehors, accolée au mur d'enceinte qui s'éboule par endroit, la bicoque familiale patiente dans la fournaise. L'air est poussiéreux, la lumière métallique. Nous sommes les seuls touristes à cet endroit - là, ce moment un peu suffocant.
Depuis ce matin, combien de temples, pagodes, stupas ?
Et pour une paire d'heures encore sur nos vélos de location, au creux de pistes ensablées, on se balade au pays des merveilles.
Dernier soir à Bagan : une bière et un crépuscule sur l' Irrawadi.
Et la journée s'en va sur la pointe des pieds.





Mardi 22 mars au soir : Sunset sur l'Irrawady


Le cliché qui a fait connaitre Pierre Campos dans le monde entier et qui l'a rendu millionnaire.

Mercredi 23 mars : départ pour Kalaw

C'était un crève coeur de quitter Bagan. On aurait tellement voulu en voir encore et encore. Émus, nous léchons du regard les dernières images de Bagan derrière les vitres du minibus qui nous emmène à Kalaw. Nos breakfast handy bags, cadeau de notre hôtel, posés sur les genoux, on ressemble à deux gamins quittant leur colonie de vacances avant la rentrée scolaire. 
C'est parti pour 8 heures de route ; bonne pioche, le minibus est en bon état et le copilote à l'air débrouillard. Le rôle du copilote est essentiel pour la conduite au Myanmar. C'est lui qui indique au chauffeur la possibilité de doubler, qui prévient des obstacles permanents. Faut dire que rien n'est simple quand la conduite est à droite et le volant aussi. 
Après quelques kilomètres, on grignote notre en-cas, surpris nous-même de notre récente capacité à boulotter comme les asiatiques, à n'importe quelle heure de la journée et dans n'importe quel endroit, 
On se laisse doucement bercer par les conversations de nos voisins qui prônent les avantages de voyager seul. Ou pas. Parfois, une secousse plus brutale nous réveille. Les paysages ont pris de la verdure et du dénivelé. On ressent alors la fraîcheur toute montagnarde de notre nouvelle destination : Kalaw.
16 heures : on dépote du minibus. Une demi-heure de marche, chargés comme des baudets pour rejoindre notre hôtel, ou le Keanu Reeves local, gérant classieux, nous reçoit dans son tout nouvel établissement, à l'écart de la bourgade et au terme d'une bonne petite grimpette.  


Hôtel "Morning Glory" à Kalaw

Beverly Kalaw Hill 's people. 

En fin de journée : le marché de Kalaw : le plaisir des yeux, le poids de la nourriture, le choc des cultures...










Jeudi 24 mars : Virée en taxi : Pindaya, au coeur de l'ethnie da-nu

On a vu cette petite ville, surveiller le bord de son lac où de très jeunes moines armés de mitraillettes en plastique revenaient à leurs jeux d'avant le port pourpre de la prière.
On a vu 8000 bouddhas se dorer la pilule  aux fonds multiples d'une grotte immense chauffée à la foi de fidèles venus de tout le pays.
On a vu des banians centenaires bien verts pour leur âge.
On a vu des charrues toute de bois bâties à l'arrière de zébus longs en corne, des champs bien rangés, aux mille mains travaillés, une campagne d'un autre âge, des gens tranquilles et souriants.
On a vu des ombrelles de papier de mûriers, se fabriquer là sous nos yeux en un tournemain.
On a mis tout ça derrière nos yeux que nous avons fermés, fatigués, dans le taxi qui nous a ramené à Kalaw.
On les ouvrira cette nuit sans n'en rien laissé échapper.
 
 




Pindaya : La fabrication des ombrelles à l'ancienne. Leurs toiles sont réalisées avec de la pâte de bois de mûrier. étalée et séchée sur un cadre et parsemée de fleurs et de feuilles au gré des fantaisies de la mère et de ses filles. Les hommes ont la tâche de travailler la structure de l'ombrelle en bambou. Un agréable moment dans cette entreprise familiale sans prétention.

Vendredi 25 mars : glandouille à Kalaw

On aime choisir nos coins pour glandouiller dans le calme. Notre deuxième bungalow hôtel à Kalaw est assez rudimentaire mais situé lui aussi à l'écart du centre de Kalaw et dans un très joli jardin.
Rien de spécial à faire, sinon lire, manger et se reposer avant le grand départ pour le trek prévu demain .
On a réservé notre guide chez Sam's family (une adresse du Routard, risqué ?) puis on flâne dans Kalaw qui est en plein travaux. Une règle : ne jamais lever le nez en marchant ; le danger est souvent sous les pieds. Regarder en l'air nécessite donc de s'arrêter.









Back to the hotel :
La préparation du mini sac à dos avec le strict nécessaire est déjà une épreuve. La sélection de ce que l'on doit emmener nous prend quelques..., une bonne heure. On oubliera pas  les 2 litres d'eau obligatoires pour démarrer en toute tranquillité. .

26, 27 et 28 mars : notre trek Kalaw - Lac Inlé

Trois jours...
Trois lignes. Trois lignes pour sept tribus aux villages traversés ou contournés sur les 60 km de piste reliant Kalaw au lac Inlé. Notre guide, ethnie Pa'o, Loun de son prénom, nous commente le paysage. Immense potager à ciel ouvert, entrecoupé de champs de terre rouge.
Les pistes qui se déroulent, les petits chemins qui se cachent parfois sous l'ombre géante des banians nous déposent pour deux nuits dans des villages d'un autre âge. Là, nous avons dormi, mangé, un peu comme les habitants, un peu comme avant, sans eau courante, sans électricité, couchés et levés avec le soleil.
Loun est une jeune femme remarquable de simplicité, de discrétion et de gentillesse à l'image d'ailleurs de tous les birmans que nous avons rencontrés.
Que dire de ce bras gauche replié sous le ventre accompagnant une délicate flexion du corps pendant que le bras droit donne ou reçoit. Juste merci de cette élégance qui habille même les plus démunis d'entre eux.
Mais je m'égare, les trois lignes sont dépassées, je m'éclipse.

 

 


 


 
 








Au 3 ème jour, une arrivée sans encombre vers midi où un bon repas nous attend dans un restaurant en pleine forêt. Lesquels du guide ou des guidés furent les plus fatigués. L'histoire ne le dit pas. Chacun quitte ses chaussures, sent ses chaussettes dans les deux sens du terme et vérifie l'état de ses pieds. Tout recouverts d'une poussière rouge qui semble avoir pénétré notre peau, nous posons pour la postérité. 
On l'a fait. 






Lundi 28 mars 14 heures : Fin officielle du trek, direction Nyaung Shwe

On embarque sur une pirogue à moteur. Et c'est la première traversée centre-ouest - plein-nord du lac Inlé.

Première série de cartes postales






On a réservé 5 nuits à l'hôtel Cassiopeia de Nyaung Shwe. QG bien pratique, petite bourgade animée, départs pour les visites sur le lac à proximité. 

On pilotera à distance, chaque jour pour le lendemain, avec l'aide du gérant de l'hôtel, qui nous prête gratuitement ses vélos durant le séjour et nous organise, sans nous assassiner en commissions, les tours de pirogues à venir. Soe Lwin est Népalais mais n'a jamais mis les pieds dans son pays d'origine, ni à Yangoon, Mandalay, ni même Kalaw à 60 km de son hôtel. Lui, pas bouger, beaucoup travailler, mais pas les moyens de bouger.

Du mardi 29 mars au samedi 2 avril : Au fil de l'eau du Lac Inlé

Après la terre rouge de la campagne, l'eau bleu-gris du lac Inlé.
Cinq jours entre pirogue à moteur et vélo sous la chaleur.
Nous traversons les lacs (Inlé et Sankar) en long, en large, en travers découvrant en syncope les rythmes des préoccupations de ce peuple de l'eau : les Inthas. Car tout vient de l'eau. La nourriture, la propreté, la fraîcheur, un engrais de vie soigneusement étendu au fil de journées laborieuses d'apparence tranquilles.
Le lac Inlé se "touristise" à grande vitesse avec l'inévitable distorsion entre tradition séculaire et folklore de pacotille.
Le lac Sankar, après un périple de trois heures de pirogue, n'oublie rien des siècles passés et vendra dans longtemps (on l'espère) sa peau argentée pour du papier monnaie.
Toutes ces journées, la douceur des visages, la gentillesse souriante des gens d'ici contraste avec la dure réalité de leurs labeurs. Nous prenons en passant devant eux une bonne leçon d'humilité.

 

 





 

 

Les haricots jaunes sont la base d'une multitude de produits : tofu, crakers, etc...








Des drôles de trucs pas ragoutants : des larves d'on ne sait quoi !



Un repas sur l'eau, quelque part entre le lac Sankar et l'Inlé. 

Le sunset, one more time et le départ... 


Inéluctable. On doit partir, emballer nos regrets avec le papier des prochains jours, aller sur Yangoon. C'est la descente, le retour. 
Juste derrière la gare routière de Nyaung Shwe où nous attendons notre bus VIP, il y a un entrepôt abandonné et au fond un seul cabinet de toilette pour les voyageurs en transit. En attendant mon tour, je fais la photo d'un objet insolite qui baille d'ennui et de poussière. Un billard, anglais bien sûr, aux dimensions improbables. Ce "double bonheur" appelle une pensée. Je dédie cette photo à mon ami Jean. 


Dimanche 3, lundi 4 avril : Yangoon

Fin de la virée birmane. Bus de nuit, ersatz  de sommeil : 12 heures, débarqués à l'aube, gare routière. Rangoon, Yangoon, on ne sait pas, on ne sait plus. Taxi, taxi, oui, cet hôtel là, l'hôtel machin, c'est combien ? On discute, on est fatigué, dormir, c'est ok pour tant. C'est parti. Retour sur la ville, l'ancienne capitale. C'est reparti : or et misère, richesses et pauvreté. Ce qui les sépare : rien. Une baie vitrée même pas doublée. D'un côté le pognon gêné ou pas, de l'autre des sourires avides ou simplement des sourires et Bouddha tranquille réconciliant les deux. Allez vogue, Shwedagon dorée, emmène - nous de l'autre côté.
Virée à down town : le centre ou le fond ?
Des rues quadrillées à l'Amerloque. Pas de place pour les piétons. Trottoirs à trous, passages perdus, une chaleur qui pèse 3 tonnes. On remonte...
Demain on quitte tout ça.
Demain on se souviendra.
Après demain on reviendra.
Parce qu'on a aimé.
A bientôt.







Comme une envie de s’asseoir...




Dernier soir à l'ancien QG du Général Aung San maintenant restaurant chic : "House of Memories"


Mardi 5 avril : Dernier jour, dernières heures...


Après le dîner de la veille à la mémoire du père, l'hommage à sa fille, "The Lady"...
On passe devant le 54, avenue de l'université, une forteresse. Et le vide silencieux de cette résidence est hautement surveillé. 









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